Une personne porte un t-shirt à l'effigie de la collégienne Lyhanna, lors de ses obsèques à Fleurance, le 12 juin 2026 dans le Gers ( AFP / Ed JONES )
Secoués par l'affaire Lyhanna, les candidats - déclarés ou potentiels - à la présidentielle ont dévoilé ces derniers jours diverses propositions, entre appels à davantage de moyens, peines durcies ou fichage des pédocriminels. Tour d'horizon.
. Les moyens
A gauche, les candidats appellent presque unanimement à des lignes budgétaires supplémentaires accompagnant une révolution culturelle dans l'approche des violences sexistes et sexuelles.
"Les coupes budgétaires alimentent le crime", a estimé Jean-Luc Mélenchon (LFI) lors d'un meeting à Saint-Denis.
Proche de Raphaël Glucksmann, le député Sacha Houlié a exhorté à un "renforcement sans précédent" des moyens des juridictions, notamment "pour les juges aux affaires familiales".
L'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve propose même le "rappel des magistrats retraités volontaires" pour renforcer les troupes et "apurer" des dossiers en cours.
Gabriel Attal (Renaissance) a lui fixé un objectif de 3.000 nouveaux recrutements de magistrats et greffiers à partir de 2027.
Au Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella plaident aussi pour un renforcement des moyens de la justice, mais le second insiste sur l'augmentation du nombre de places de prison.
. Les peines
Jordan Bardella suggère des "peines minimales" pour "empêcher les récidives" et la suppression des remises de peine pour "les crimes les plus graves".
Il demande que la perpétuité soit encourue pour les criminels sexuels qui s'en prennent à des mineurs.
Dans le bloc central, Gabriel Attal et Edouard Philippe (Horizons) proposent la suppression du juge d'application des peines (JAP). Le patron de Renaissance estime que cela permettra de "désengorger" des postes de magistrats.
Candidat de la droite, Bruno Retailleau (LR) propose que les criminels sexuels les plus dangereux et susceptibles de récidiver se voient contraints à une castration chimique.
. Les magistrats
Bruno Retailleau s'est aussi attaqué à la "discipline" des magistrats. Il propose la création d'une "cour disciplinaire de la magistrature", pour d'éventuelles sanctions, à la place du Conseil supérieur de la magistrature qu'il juge "trop corporatiste".
Plusieurs candidats proposent de créer une forme de juridiction spécialisée, tout comme l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui veut un parquet "spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants".
Edouard Philippe, lui, s'interroge sur la possibilité laissée aux juges de se syndiquer.
Olivier Faure, plusieurs figures de gauche et du centre, appellent à une nouvelle "loi intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles.
Elle entend notamment "définir un socle d'actes d'enquêtes devant être obligatoirement réalisés" pour ce type d'affaires afin d'éviter certains classements sans suite : "audition sans délai de la victime", "audition systématique de l'auteur présumé" et "collecte immédiate" d'éventuelles "preuves matérielles, numériques ou médico‑légales".
. Les plaintes
"Il faut créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants", juge Édouard Philippe. Il prône une "priorité absolue aux plaintes des enfants et aux signalements".
Gabriel Attal, comme certains élus de gauche, propose aussi "un système de permanences pénales d'avocats", pouvant être sollicités au moment du dépôt de plainte pour aider les victimes.
A chaque plainte pour agression sexuelle ou viol sur mineur, une action devra être engagée en "moins de 48 heures", estime M. Attal.
. La prescription
La question de l'imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs est également un sujet sur lequel les candidats devront se positionner. Gabriel Attal, notamment, y est favorable.
La loi "intégrale" soutenue par plusieurs candidats propose aussi d'étendre à l'ensemble des violences sexuelles, y compris pour les victimes majeures, le principe de "prescription glissante", - permettant de prolonger le délai si le mis en cause récidive.
. Le fichage
L'hypothèse d'un renforcement et d'une extension du système des "attestations d'honorabilité" pour vérifier les antécédents judiciaires des personnes amenées à travailler auprès d'enfants est soutenue très largement.
Certains, à droite et au centre, vont plus loin en demandant un "fichage" plus strict des pédocriminels, sur le modèle des fichés S. Mais la classe politique est divisée sur le périmètre de ce fichier - réservé aux condamnés ou élargis aux simples accusés ? - comme sur sa transmission ou non à certains employeurs.
. La prévention
Marine Tondelier, comme d'autres responsables de gauche, insiste sur le volet préventif, exhortant à "former les enfants, dès le plus jeune âge et de manière adaptée", en renforçant l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

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